samedi 23 janvier 2010

L'université d'Istanbul à l'honneur au club de lecture

Nous avons l'honneur d'accueillir l'Université francophone Galatasaray (Istanbul-Turquie), représentée par Seza YILANCIOGLU et Gözde Şahin.

L'écriture et l'autobiographie
samedi 06 février 2010
à 18h00
Au café L'institut
1 Bd Saint Germain Paris 75005
(Face à l'institut du Monde Arabe)
Tel: 01 56 24 34 49
Métro Jussieu


Seza YILANCIOGLU est maître de conférences, dans le département de Langue et littérature Françaises. Spécialiste de la littérature comparée contemporaine, auteure de plusieurs articles sur l'œuvre de Yachar Kemal, de Nedim Gürsel, d'Aslı Erdogan ainsi que d'Assia Djebar, Annie Ernaux, de Nina Bouraoui.
Elle est en train d'écrire un livre portant sur "l'identité féminine dans le bassin de la Méditerranée". Le corpus du livre est composé de textes d'écrivaines Turques, Algériennes Francophones et Françaises.
Ses articles dans le domaine de la littérature comparée sont publiés en Turquie et à l'étranger. (Voir plus de références au bas de la page)

Pour le sujet de la rencontre, elle s'appuiera principalement sur deux ouvrages de l'écrivain Assia Djebar: La soif et Nulle part dans la maison de mon père.

Gözde Şahin est étudiante en master 2 à l'Université francophone Galatasaray dans le département de Langue et Littérature Françaises. Elle prépare son mémoire de maitrise sur Maissa Bey ("La dualité chez Maissa Bey).

Lors de la rencontre, elle souhaite discuter du roman d'Assia Djebar, Vaste est la prison


Bibliographie

- Seza Yılancıoğlu, 2005, “Langue et Identité” in Frankofoni (revue franco-turque du département de langue et littérature Française de l’Université Hacettepe, Ankara-Turquie.

- Seza YILANCIOĞLU, 2007, Histoires des femmes et dévoilement de l’écriture, Uluslarası Vll. Dil, Yazın, Deyişbilim Sempozyumu, 2-5 Mayıs 2007, Selçuk Üniversitesi, Fen-Edebiyat Fakültesi, Bildiri Kitabı, cilt2, Konya, Aralık, ss.679-684.

vendredi 22 janvier 2010

La soif

Une soif qui ne s’altère jamais


J’ai fini de lire la « soif » qui n’étanche pas ce désir de lire et relire les œuvres de Assia Djebar. Lorsque je me saisie d’une de ses oeuvres, je me sens faire un avec le texte. Et dès la première phrase je suis embarquée dans un tunnel tumultueux, fragile, grave, obscure, trouble et sensuel.
Je me sens alors à la lisière de la vie, de la mort, à la lisière du bonheur et de sa déchirure, je me sens dans la peau de chacun de ses personnages car chacun d’eux représentent une partie de moi.
J’aime le langage de cette écriture ; mais qui aime sincèrement craint le risque, le risque de l’incertitude de la rencontre. Mais moi je ne crains pas son écriture, j’en ai peur ; son écriture me fait peur car elle me traverse avec son scalpel et trace des entailles dans mon âme. Et le livre se referme mais pas les plaies. J’ai peur de cette écriture, car son langage pourrait être ma conscience écrite ou mon inconscience.
« La soif », un roman, dur, grave, fulgurant, tragique jusqu’à son aboutissement. A-t-on conscience à vingt ans que la vie sera souvent un gâchis. A-t-on conscience du gâchis pour l’autre ? l’autre peut-il devenir l’évidence même de cette triste réalité partagée par tous avec raison et moralité pour cerner le doute et l’étouffer.
Car lorsqu’on évite du regard l’autre, la vie suit son cours paisiblement même si c’est triste.
Et puis il y a celles et ceux qui se refusent à ce destin groupal ; pourquoi finalement se risquent-ils ? Pourquoi Nadia l’héroïne du roman, se met en marge de tous pour devenir la conscience du groupe ou leur mauvaise conscience. Elle est coupable, ceux qui disent l’aimer n’hésitent pas à l’accuser, alors elle se dit aussi coupable. Mais coupable de quoi ? Coupable car différente ?
Quel est ce trouble qui l’agite puisque même la beauté, la santé , la jeunesse, ne lui suffisent pas ?
Mais est-t-elle si différente finalement ? elle trébuche, elle ne peut aller jusqu’à son aboutissement car elle bute devant les limites qui la trahissent qui lui résistent ; elle est libre seulement au dehors, les autres en tremblent mais à l’intérieur elle le sait, elle est liée !!
Elle n’aime l’autre que parce qu’il dévoile ses sentiments car celui que son cœur choisit la mène droit vers l’interdit, l’inaccessible.
Mais comment aimer ? s’agit-il d’aimer d’amitié, aimer de jalousie, aimer d’interdit ou aimer autrement ? Comment est-il cet autrement lorsque le drame se greffe et qu’on se sente coupable ?
Nadia aime l’air, la mer, la terre, le dehors toujours dehors. Une chambre devient vite une tombe pour recueillir les larmes, la tristesse, la mort dans l’âme.
Dehors la vie est ensoleillée, elle a la couleur du bleu du ciel, la vie est façonnée comme les ondulations des criques, car la vie n’est jamais linéaire. La vie a le goût du sel marin, la grâce d’un plongeon, le rythme de la brasse, le parfum de l’iode. La vie c’est l’accélération, le vertige, les cheveux dans le vent. Mais la vie a le goût amer des impossibles, des déceptions et de la lâcheté. Car la mort observe et guète au loin elle frappe le ventre d’une femme enceinte, le bonheur paisible d’un homme serein, ou la vie entière.
La mort scrute et attend qu’on l’appelle. L’autre héroïne, Djedla a dit non à la vie et la mort s’est présentée à elle sans tarder.
Y aurait-il eu ces drames si Nadia avait seulement gardé longtemps sa tête sur les genoux de Djedla. Qui était de trop dans cette amitié à trois, elle ou lui ? Car l’une a échoué dans les ténèbres et l’autre dans les bras d’un autre homme.
La soif de la liberté a un prix, c’est le risque de la marginalité. Se refuser à la liberté c’est mourir, l’accepter c’est souffrir.
Souffrir de cette souffrance des autres qui ne vous regardent plus comme avant, souffrir du risque de l’isolement, souffrir car les autres vous envient cette audace avec reproche et agressivité, ils vous rejettent car vous dérangez les équilibres et vous signifiez qu’il peut y en avoir d’autres.
« La soif » est un roman, beau dans sa gravité suprême. Il démontre que la liberté pour certains est plus chère que pour d’autres.
Et je pense aux femmes de chez moi, aux femmes en Turquie, dans les pays arabes ou musulmans, d’Afrique ou d’ailleurs en Europe notamment. Car certaines se sentent coupables pour le simple fait d’être femmes.
Alors, le sacrifice fait son entrée imminente. Alors certaines se sacrifient pour un autre qu’elles disent aimer, d’autres se sacrifient pour une cause. Et il y a celles qui se sacrifient pour rien.

« La soif » me plonge dans les profondeurs de ma personne, je glisse sans pouvoir y échapper. Les histoires me hantent ; Elles me plongent dans un silence intérieur, un désarroi, mais surtout une conscience de moi ou d’une partie de moi qui grimace l’autre partie.

Amel Chaouati

Osny, le 18 mars 2007


mardi 5 janvier 2010

Le Cercle des amis d'Assia Djebar

A chaque année nouvelle, beaucoup d’entre-nous avons tendance à espérer du nouveau ou du renouveau. Pourtant, chacun de nous sait que ce n’est qu’un simple jeu d’esprit. Que le changement ne s'effectue pas en traversant l’année comme si on avait à lever une barrière et à la refermer derrière nous quand on a pas envie que les mauvaises choses nous poursuivent. Ou bien la laisser entre-ouverte pour laisser passer certains événements de l'année précédente qu'on a appréciés.
Ce n'est pas non plus toujours vrai pour tout le monde l’adage qui dit que chaque année qui passe est meilleure que celle qui arrive!
Et c’est le cas de notre Club de lecture, car plus les années passent, plus notre activité est passionnante et notre créativité se développe. L’année 2009 a connu des moments forts intenses. Nos invités ont tous répondu présents avec beaucoup de plaisir et nous ont fait partager leur savoir et leur passion avec une grande générosité et je les remercie tous chaleureusement. Mais si le club de lecture perdure dans le temps, c’est surtout grâce à la constance des lecteurs qui continuent à le fréquenter avec des rythmes néanmoins variables mais c‘est l‘une des caractéristiques d’un club nomade, faire avec l’inconnu. Nous avons quelques habitués de la maison mais régulièrement des nouveaux et à tous ceux-là, je voudrais également leur adresser mes remerciements et les invite à continuer à nous encourager dans notre volonté de réfléchir autour d‘une œuvre majeure. Car nous avons conscience que le club vivra tant que vous, lecteurs, vous le nourrissez de votre présence, de vos échanges et de vos suggestions.

Parce que l’année 2009 a été passionnante, 2010 le sera autant ou davantage je l’espère et pour cause! Comme une mère qui donne la vie ou accompagne la vie de celui qu’elle désigne comme son propre enfant, le regardant grandir et allumant une première bougie, puis la seconde, puis la troisième et ainsi de suite, je regarde le club de lecture dont je suis à l’initiative grandir et s’épanouir et je me retrouve moi aussi à compter joyeusement son âge, et je sais que le 14 avril 2010, sera l’année de célébration de sa cinquième années de vie! Et depuis longtemps, j’ai appris à croire que ce chiffre symbolique se fête car non seulement il protège mais il permet le passage vers d’autres caps.
C’est pourquoi, avec quelques amis du club, nous avons le projet de marquer cette date autour d’une journée qui réunira des lecteurs… ceci sera notre défi. Mais pour l’instant, place au travail et à la réflexion … et je reviendrai vers vous en temps voulu pour vous en dire plus…

En attendant, quelques démarches sont à effectuer pour préparer la possibilité d’une telle entreprise. La première étant que le club de lecture s’est constitué en association sous le nom du CERCLE DES AMIS D’ASSIA DJEBAR, association Loi 1901. Je voudrais tout de même rendre hommage à ma fille âgée de dix ans aujourd'hui qui a trouvé le nom de l'association. Elle avait cinq ans à la création du club. Le chiffre cinq qui revient décidemment! Depuis, elle suit non sans grimace parfois, ses activités et connait par la force des choses les titres des romans de l'écrivain au point qu'elle est surprise de constater que ses jeunes camarades ne connaissent pas Assia Djebar! Au printemps dernier, en sortant de la maison familiale du grand dramaturge, poète et peintre Federico Garcia Lorca à Granade, mort à la fleur de l'âge, Ma fille m'annonce qu'elle nous a trouvés le nom de l'association que je cherchais désespérément.
Pourquoi donc formaliser le club maintenant alors qu'il fonctionne très bien sans la lourdeur bureaucratique? Simplement, parce que certaines démarches (réservation d’un espace pour une rencontre…) exigent l’officialisation de notre existence. Qu’est-ce qui change finalement? Aujourd’hui nous passons du statut officieux à une existence officielle et par conséquent, vous, lecteurs vous pouvez passer du statut de membres officieux à membres officiels en adhérant à notre association, en nous renvoyant un bulletin d’adhésion que vous pouvez recevoir sur simple demande par téléphone, mail ou par courrier au:

Le Cercle des amis d’Assia Djebar
BP10143 Pontoise
95304 Cergy Pontoise Cedex

assiadjebar_clubdelecture@yahoo.fr

Tel: 06 24 02 70 08

Car ce qui change également pour nous, c’est que jusqu’ici, on appréciait beaucoup avoir une activité où il n’était jamais question ni de finance, ni de paperasse! Mais si nous souhaitons réaliser une rencontre qui réunit plus de 10 personnes pendant une journée, il nous faut un lieu adapté. Pour cela il faudra remplir des paperasse et les caisses!
Mais je tiens à signifier que fondamentalement rien ne changera dans notre fonctionnement et notre objectif: le club restera nomade, les rencontres toutes les six semaines garderont leur aspect spontané même si elles sont pensées et organisées en amont. Et le club aura toujours pour but de partager sa passion pour l’œuvre d'Assia Djebar avec tous ceux qui le souhaitent!
Sachez aussi que vos contributions par vos adhésions et/ou vos dons pourront certainement participer à la réalisation de notre projet de rencontre qui aimerait avoir lieu le 26 juin 2010.

Finalement, il y a tant de choses à espérer avec la venue de cette nouvelle année, une longue vie au club, la réussite dans l’élaboration de ses projets et arriver à réunir le plus grand nombres d’adhérants en l’honneur de notre grand écrivain Assia Djebar!
N'hésitez pas à parler de nous à vos amis!

Meilleurs vœux à toutes et à tous!
Amel Chaouati
Le 05 janvier 2010